Nutri-score : comment le mettre en place ?

Le nutri-score, c’est quoi ?

La loi santé du 26 janvier 2016 a institué la mise en place d’un système d’étiquetage nutritionnel à la fois synthétique, simple et accessible à tous. Synthétique car il tient compte des composants des produits agroalimentaires, simple parce qu’il permet une compréhension rapide de la qualité nutritionnelle du produit et accessible à tous car son graphisme permet de comprendre de manière intuitive le positionnement nutritif de chaque produit. Positionné en face avant des produits, le nutri-score affiche un score allant de la note A (couleur verte) à la note E (couleur rouge). Le A correspond aux produits de bonne qualité nutritionnelle et le E à ceux de moins bonne qualité nutritionnelle.

Le Nutri-score repose à la fois sur les travaux de Serge Hercberg, président du programme national nutrition santé (PNNS) et sur la méthode de calcul développée par l’université d’Oxford pour le compte de l’agence anglaise de l’alimentation. Cette base de calcul prend en compte, pour 100g de produits, la part des facteurs nutritionnels à favoriser et de ceux à limiter dans l’alimentation. Les résultats issus de cette formule varient de -15 (bonne qualité nutritionnelle, lettre A) à +40 (moins bonne qualité nutritionnelle, lettre E). Pour connaître le nutri-score des produits, un calculateur nutri-score est disponible ici.

De grandes marques s’engagent

Si les députés ont finalement décidé de rendre le nutri-score facultatif, certaines grandes marques de l’agroalimentaire ont fait le choix de mettre en place l’étiquetage nutritionnel, parmi lesquelles ont retrouve : Danone, Bonduelle, McCain, Fleury-Michon, Auchan, Casino, Intermarché, Leclerc. L’enseigne vendéenne Fleury-Michon, qui se positionne par ailleurs sur le « manger mieux » explique sa démarche assez largement sur son site web, aussi bien sur le nutri-score que sur le « manger mieux ». D’autres marques ont fait le choix de ne pas utiliser le nutri-score. C’est notamment le choix de 6 grands groupes (Nestlé, Coca-Cola, PepsiCo, Mars, Mondelez et Unilever), qui proposent la mise en place d’un label alternatif intitulé Evolved Nutrition Label, qui diffère dans la méthode de calcul par rapport au nutri-score.

Les applis s’en mèlent

En parallèle, plusieurs applications ont été lancées, avec pour objectif d’informer le public sur les notations nutritionnelles des produits alimentaires, qu’ils adhérent ou non au nutri-score. C’est notamment le cas d’Openfoodfacts, qui référence dans sa base de données près de 250.000 produits. L’utilisateur scanne simplement le produit et l’application lui indique le nutri-score ainsi que de la notation NOVA, qui tient compte du degré de transformation des aliments.

Une autre application connaît un succès important, Yuka, avec 4 millions d’utilisateurs revendiqués. Cette application reprend des éléments du Nutri-score, mais tient compte dans son mode de calcul de la présence d’additifs éventuels et du caractère biologique des produits.

Le succès de ces applications et la capacité des internautes à comparer les scores des produits avant achat (ou après) va probablement inciter les entreprises de l’agroalimentaire à modifier leur recettes pour mieux répondre à ces nouvelles attentes de consommateurs.

Copies d’écrans des applis Yuka et Open Food Facts →

Comment obtenir son Nutri-Score ?

Même facultative, l’obtention du label nutri-score n’est pas immédiate pour autant. Pour pouvoir l’utiliser, les entreprises doivent s’enregistrer auprès de Santé Publique France. Une fois enregistrées, elles doivent ensuite transmettre les informations nutritionnelles des produits de leur gamme à L’Oqali (Observatoire de la qualité de l’alimentation). Elles pourront ensuite apposer sur leurs produits le fameux label, en veillant bien à respecter la charte graphique du Nutri-Score.

Communiquer pour accompagner son nutri-Score

Pour les entreprises agroalimentaires qui font le choix d’afficher le nutri-score sur leurs produits, il est important d’accompagner cet engagement par un travail de communication. Sur le packaging d’abord, pour veiller à ce que l’insertion du module nutri-score ne déséquilibre pas l’étiquette et la hiérarchie des éléments qu’on y trouve. Ensuite, il est important de communiquer auprès des consommateurs sur les raisons de la mise en place du nutri-score et les engagements ou la politique de la marque en matière de nutrition.

Cette communication sera d’autant plus facile dans le cas de nutri-score favorables (A, B, C). Mais elle est nécessaire dans le cas de scores plus défavorables (D, E). L’entreprise peut alors communiquer sur ses actions en matière d’amélioration de la composition des produits ou sur le mode de consommation recommandée. Cette transparence permettra ainsi à l’entreprise de gagner en confiance et en fidélité avec sa clientèle. Une communication régulière sur facebook permettra ainsi de témoigner de ce travail de la marque en matière d’approche nutritionnelle.